Les énergies alternatives arrivent à maturité sur le marché des télécommunications mobiles
Points clés
- Les énergies alternatives et les télécommunications peuvent contribuer au développement économique ;
- Les énergies alternatives atteignent une maturité suffisante pour des applications télécom ;
- Les opérateurs de télécommunications des marchés matures et émergents utilisent les énergies alternatives pour maîtriser leurs coûts et réduire leur empreinte carbone.
Le nouveau visage des énergies alternatives dans les télécommunications
Il existe peu de faits inéluctables et de vérités indéniables. Cependant, en voici une : les sources d’énergie traditionnelles (celles basées sur les combustibles fossiles) s’épuisent et coûtent de plus en plus cher. Pour la société, les implications seront très variables. Mais pour les opérateurs de réseaux de télécommunications mobiles, sur les marchés matures comme sur les marchés émergents, cela signifie que l’opportunité de mettre en œuvre des stratégies d’énergies alternatives existe.
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Les opérateurs adoptent, intègrent et déploient stratégiquement des systèmes d’énergies alternatives (solaire, éolien et piles à combustible) pour trois principales raisons :
- Les énergies alternatives sont un facteur d’éco-responsabilité ;
- Elles peuvent contribuer à augmenter les revenus des opérateurs mobiles ;
- Les opérateurs s’intéressent de plus en plus aux modèles de consommation d’énergie pour maîtriser leurs coûts.
Les énergies alternatives, sources d’éco-responsabilité
Pour les fournisseurs de services mobiles, les énergies alternatives sont un facteur clef de différenciation stratégique. Le fait de proposer des solutions répondant aux préoccupations d’éco-responsabilité et présentant des avantages commerciaux peut améliorer les relations entre les opérateurs et leurs abonnés, les industries et les instances réglementaires des gouvernements.
Aujourd’hui plus que jamais, les abonnés sont attirés par des marques qui sont à la pointe des pratiques d’éco-responsabilité dans leurs activités. On observe également une tendance où d’importants segments du marché grand public sont prêts à payer un supplément aux fournisseurs qui prennent des mesures concrètes pour protéger l’environnement. Ce choix de l’achat « vert » représente une nouvelle opportunité pour les opérateurs mobiles qui déploient les énergies alternatives de façon crédible et donnent la preuve de leur engagement environnemental. (Cliquez ici pour poursuivre)
Dans les pays industrialisés, des initiatives réglementaires et politiques conduisent les dirigeants d’entreprises à explorer et à pratiquer des stratégies de faibles émissions de carbone. Ces nouvelles stratégies ont des répercussions sur le comportement interne des entreprises dans des domaines tels que la santé, les transports, la vente de détail et les services financiers. L’éco-responsabilité devient en outre un critère de sélection majeur chez de nombreuses organisations lorsqu’elles choisissent leurs fournisseurs et leurs partenaires.
En règle générale, les opérateurs mobiles qui adoptent les énergies alternatives sont considérés comme des entreprises respectueuses de l’environnement. Ils peuvent donc exploiter cette perception pour élargir leur périmètre d’activité et aider leurs clients à réduire leur empreinte écologique.
Les énergies alternatives, sources de revenu
D’après les estimations de la GSM Association (GSMA), 75 000 nouveaux sites de station de base non connectés au réseau électrique seront construits chaque année d’ici 2012 dans les pays en voie de développement. [1] C’est une nouvelle opportunité de revenu pour les fournisseurs de services dans les économies émergentes. Mais il existe également sur les marchés matures des régions isolées qui ne sont pas encore couvertes.
Pendant longtemps, les fournisseurs de services télécoms ont eu beaucoup de mal à connecter les personnes qui vivaient dans des zones qui n’étaient pas raccordées au réseau électrique. Il est évident que ces marchés requièrent en outre des prix de forfaits de télécommunications très peu élevés. Économiquement parlant, l’utilisation de technologies traditionnelles — telles que des générateurs alimentés au diesel — pour faire fonctionner des stations de base déconnectées du réseau électrique n’est donc pas viable. L’achat et les coûts de transport du carburant sur ces sites éloignés peuvent représenter jusqu’à 35 % du coût de fonctionnement de la station de base. Le business case (analyse de rentabilité) des opérateurs qui souhaitent apporter le développement économique dans des régions isolées en alimentant leurs stations de base à l’aide de technologies énergétiques traditionnelles présentait donc des difficultés considérables.
Les énergies alternatives offrent de nouvelles possibilités. Prenons l’exemple d’un projet de station de base auquel Alcatel-Lucent a participé sur les îles de Bettenty au Sénégal, dans l’ouest de l’Afrique. Afin d’accroître l’attractivité de ces îles, l’opérateur mobile a étudié la possibilité d’installer une station de base pour répondre aux besoins de la population locale et contribuer au développement de l’activité touristique. Une station de base alimentée par générateurs diesel aurait coûté trop cher. Alcatel-Lucent a donc travaillé avec l’opérateur pour mettre au point et déployer une station de base fonctionnant grâce à une ressource abondante au Sénégal : le soleil.
La station de base à énergie solaire a remporté un formidable succès. Elle a également amélioré la situation économique des habitants de la région. Les guides touristiques peuvent gérer les réservations et offrir leurs services aux visiteurs sur les différentes îles. Les pêcheurs peuvent communiquer avec les marchés locaux et régionaux pour suivre les cours qui évoluent constamment et affectent directement leur pêche du jour. Quant à l’opérateur mobile, il accède à de nouvelles sources de revenu, il innove et il joue un rôle important dans le développement économique local.
Un autre grand opérateur du centre de la Côte d’Ivoire a connu un succès analogue. Il a travaillé avec Alcatel-Lucent pour installer une station de base à énergie solaire dans un village isolé. En un an, la migration locale a multiplié par cinq la population de ce village. La station de base a servi de facto de « place centrale numérique » en rattachant les personnes, les familles et l’activité commerciale de cette zone au reste du pays et au-delà.
Ces exemples témoignent de l’importance que peuvent avoir les télécommunications dans le développement économique. Le fait de réduire les risques de mise en œuvre avec des déploiements peu onéreux permet aux opérateurs d’intégrer rapidement les communications mobiles dans le quotidien des personnes et des entreprises qui n’ont jamais eu accès à des services de télécommunication. Plus les énergies alternatives seront utilisées pour tous les types d’applications, plus les coûts de production de masse des équipements baisseront, et plus ce genre de projet sera attractif.
Sur les marchés développés, élargir la couverture dans les zones éloignées et déployer de nouveaux services mobiles tels que la 3G+ et le LTE permet de connecter ceux qui ne le sont pas encore, et de proposer toute une variété de services numériques.
Des stratégies de maîtrise des coûts plus efficaces
La popularité croissante des tarifications forfaitaires pour les services de télécommunication a contribué à l’explosion du trafic sur les réseaux. Mais cet accroissement du trafic n’a pas entraîné d’augmentation proportionnelle des revenus des opérateurs. C’est pourquoi la réduction des coûts opérationnels fait désormais partie de leurs priorités stratégiques, tant sur les marchés émergents que sur les marchés matures.
Selon une estimation, les principaux opérateurs américains ont déployé plus de 50 000 cellules [2] de réseaux de télécommunications mobiles. Avec des coûts énergétiques fluctuant autour des 54 dollars (38 euros) le mégawatt-heure, le coût total d’énergie peut atteindre 150 millions de dollars (105 millions d’euros) par an. Sur des marchés plus chers — notamment en Europe — ce chiffre est facilement multiplié par deux, voire plus.
Plus l’utilisation des énergies alternatives gagnera en maturité — ce qui se fera tout d’abord par des déploiements à grande échelle hors réseau électrique, notamment dans les pays émergents — plus il sera facile d’utiliser ces technologies pour des sites raccordés au réseau électrique. Les opérateurs pourront alors réduire la quantité d’énergie qu’ils doivent acheter aux fournisseurs d’électricité.
Les clés de la réussite
Pour choisir la bonne solution d’énergie alternative, les opérateurs doivent connaître avec précision leurs objectifs de qualité de service, ainsi que leurs contraintes d’ingénierie site. Il est également crucial d’intégrer les énergies alternatives dès la conception du réseau de télécommunication.
Si elles sont conçues, développées et déployées avec intelligence, les énergies alternatives peuvent permettre aux opérateurs d’offrir aux populations non-connectées un accès mobile économique au réseau de communication. Il est essentiel d’envisager les énergies alternatives lors de la planification et de la conception initiales du réseau, plutôt que d’y penser après avoir choisi l’emplacement et installé les stations de base. Les meilleurs opérateurs veilleront par exemple à ce que :
- les éléments de réseau puissent exploiter les vents locaux ;
- les installations aient une exposition au soleil optimale ;
- les surfaces au sol soient étudiées pour permettre l’installation de panneaux solaires.
Les perspectives
Les énergies alternatives représentent une nouvelle discipline que les opérateurs mobiles doivent développer. Il existe de nombreuses variantes de ces systèmes, et leur déploiement est complexe. Une mise en œuvre efficace exigera du savoir-faire et des technologies sophistiquées. Pour réussir, il faudra connaître les problèmatiques climatiques de nombreux environnements différents. Et quelles que soient les multiples initiatives réglementaires débattues par de nombreux gouvernements à travers le monde — dont le cap-and-trade[3] ou le cap-and-tax[4] — les opérateurs mobiles qui auront une stratégie basée sur les énergies alternatives bien définie seront en meilleure position pour satisfaire aux nouvelles exigences qui pourraient apparaître.
Les technologies utilisant les énergies alternatives gagnent rapidement en maturité. Elles deviennent plus fiables, plus économiques et plus résistantes. De nouvelles utilisations apparaissent pour un nombre croissant d’éléments du réseau mobile.
Alcatel-Lucent travaille chaque jour avec des opérateurs mobiles du monde entier pour donner réalité aux énergies alternatives, en leur apportant des technologies clés et des méthodologies opérationnelles qui ont fait leurs preuves.
En conclusion, dans un monde où l’écologie occupe une place grandissante et ou les coûts d’exploitation deviennent cruciaux, l’utilisation des énergies alternatives pour l’alimentation des réseaux de télécommunications mobiles peuvent contribuer à stimuler le développement économique, sur les marchés développés comme sur les marchés émergents.
Pour contacter l’auteur ou demander un complément d’information, veuillez adresser un e-mail enrich.editor@alcatel-lucent.com.
Notes
[1] http://www.digitalopportunity.org/comments/wired-to-unwired/?searchterm=None
[2] http://www.openbasestation.org/Newsletters/July2008/actix.htm




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